Amélie Nothomb

Publié le par Maryse Bouygues

AMÉLIE NOTHOMBCA7DWCE1CA6WZ940CA0T5TKRCAZPT4ROCA1JT013CAC12ZMPCAEI85ZLCAE 

UNE ENFANCE ITINÉRANTE

A CHILDHOOD WITHOUT ROOTS

KINDERJAREN ZONDER EEN VASTE STEK

KINDERJAHRE OHNE HEIMAT

 

Kobe a vu naître l’écrivaine le 13 août 1967

Fille d’ambassadeur, Amélie Nothomb voit le jour au Japon. Tout au long de son enfance, elle passe d’un pays à l’autre

Chine, États-Unis, Bangladesh, Birmanie, Laos. Elle a 17 ans lorsqu’elle rejoint la mère patrie. Lors de ses études, à  l’université de Bruxelles, elle se sent si incomprise, qu’elle se réfugie dans l’écriture.

 

E

The writer was born in Kobe on August 13th 1967

Daughter of the Belgian ambassador, Amélie Nothomb was born in Japan in 1967. She spent her childhood moving from one country to another: China, the United States of America, Bangladesh, Burma and Laos. She was 17 when she came to Belgium to study. While at the University of Brussels, she felt so misunderstood that she sought refuge in

writing.

 

N

De auteur werd geboren in het Japanse Kobe op 13 augustus 1967

Amélie Nothomb werd als dochter van de Belgische ambassadeur geboren in Kobe, Japan. Ze bracht haar jeugd door in verschillende landen: China, Verenigde Staten, Bangladesh, Birma, Laos. Toen ze 17 was, kwam ze in België studeren, aan de ULB in Brussel. Ze voelde zich zo onbegrepen in dit land dat ze vluchtte in de wereld van haar eigen romans.

 

D

Das japanische Kobe ist die Geburtstadt von Amélie Nothomb

Amélie Nothomb wurde als Tochter eines belgischen Diplomaten in Kobe (Japan) geboren. Sie verbrachte ihre Jugend in China, den USA, Bangladesch, Birma und Laos. Mit 17 Jahren betrat sie erstmals belgischen Boden. Sie studierte an der Brüsseler Universität (ULB) Romanistik. Schnell begann sie zu schreiben, um einer Umwelt zu entfl iehen, die sie als fremd und

ablehnend empfand.

 

DATES CLÉS

 

1992 : Publication de son premier roman, Hygiène de l’assassin.

1999 : Grand Prix du romande l’Académie française pour Stupeur et tremblements.

 

KEY DATES

1992: Publication of her first novel,"Hygiène de l’assassin"

1999: Won the ‘Grand Prix du roman de l’Académie française for "Stupeur et tremblements"

 

BELANGRIJKE DATA

1992: Eerste roman :" Hygiène de l’assassin"

1999: Grand Prix du Roman de l’Académie française voor "Met angst en beven"

 

ECKDATEN

1992: Erster Roman "Die Reinheit des Mörders"

1999: Verleihung des Grand Prix du Roman der Académie Française für "Mit Staunen und Zittern"


 

 

Bibliographie d'Amélie Nothomb

 

 

Amélie Nothomb publie un ouvrage à chaque rentrée littéraire.


1992 : HYGIENE DE L'ASSASSIN (Premier roman)  Prix René Fallet – Prix Alain Fournier 

Adapté au cinéma par François Ruggieri avec Jean Yanne et Barbara Schulz


Disponible CDIHygiène de l'assassin

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n'a plus que deux mois à vivre. Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l'écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c'est qu'aucune forme ne s'apparente autant à la torture. Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l'interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d'une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l'ambiguïté avec un talent accompli.



1999 : STUPEUR ET TREMBLEMENTS
 
Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999
adapté au cinéma en 2003 par Alain Corneau avec Sylvie Testu


Disponible au CDI

stupeur


Une occidentale part au pays du Levant effectuer un stage en entreprise. Récit d'une déchéance (de rédactrice, elle devient dame-pipi) et confrontation de deux systèmes de pensée radicalement différents, sur le mode de l'absurde et de la dérision. Cette histoire de harcèlement moral au travail est totalement autobiographique.

 


1993 : LE SABOTAGE AMOUREUX – Prix de la vocation – Prix Chardonne

Disponible au CDI
Le sabotage amoureux
Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs ? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin ? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n'est qu'un épilogue ? Vous l'apprendrez et bien d'autres choses encore dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un coeur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d'un cheval qui est un vélo...

 

1994 : LES COMBUSTIBLES

les combustibles La ville est assiégée. Dans l'appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l'étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres… Tout le monde a répondu une fois dans sa vie à la question : quel livre emporteriez-vous sur une île déserte ? Dans ce huis clos cerné par les bombes et les tirs des snipers, l'étincelante romancière du Sabotage amoureux pose à ses personnages une question autrement perverse : quel livre, quelle phrase de quel livre vaut qu'on lui sacrifie un instant, un seul instant de chaleur physique ? Humour, ironie et désespoir s'entretissent subtilement dans cette parabole aux résonances singulièrement actuelles.

 

1995 : LES CATALINAIRES

Disponible au CDI
les catalinaires

 

La solitude à deux, tel était le rêve d'Emile et de Juliette. Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l'un près de l'autre.
Etrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d'abord est venu se présenter, puis a pris l'habitude de s'incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde…

 


1996 : PEPLUM

 

péplum

L’ensevelissement de Pompéi sous les cendres du Vésuve, en 79 après Jésus-Christ, a été le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues. A votre avis, qui a fait le coup ?
Pour avoir deviné un des plus grands secrets du futur, la jeune romancière A. N. est enlevée pendant un bref séjour à l’hôpital, et se réveille au xxvie siècle, face à un savant du nom de Celsius. Entre ces deux personnages que tout oppose – elle, furieuse contre ce rapt, lui, contre cette fille qui en sait trop – s’instaure une conversation où il sera question de la grande guerre du xxiie siècle, du réel et du virtuel, de voyages dans le passé, mais aussi d’art, de philosophie, de morale.



1997 : ATTENTAT

attentat
Epiphane Otos serait-il condamné par sa laideur à vivre exclu de la société des hommes et interdit d’amour ? Devenu la star – paradoxale – d’une agence de top models, Epiphane sera tour à tour martyr et bourreau, ambassadeur de la monstruosité internationale… et amoureux de la divine Ethel, une jeune comédienne émue par sa hideur.

 

 


1998 : MERCURE

Disponible au CDI

mercure

 

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique…

 

 

2000 : METAPHYSIQUE DES TUBES

métaphysique des tubes
Jusqu'à deux ans et demi, Amélie se décrit comme un tube digestif, inerte et végétatif. Puis vient l'événement fondateur qui la fait chuter dans l'univers enfantin. Durant six mois s'ensuit la découverte du langage, des parents, des frères et soeurs, des nourrices japonaises, du jardin paradisiaque, des passions (le Japon et l'eau), des dégoûts (les carpes), des saisons, du temps. Tout ce qui, à partir de trois ans, constitue la personne humaine à jamais. Car à cet âge-là, tout est joué, le bonheur comme la tragédie...

 

 
2001 : COSMETIQUE DE L'ENNEMI

cosmétique de l'ennemi
Sans le vouloir, j'avais commis le crime parfait : personne ne m'avait vu venir, à part la victime. La preuve, c'est que je suis toujours en liberté. C'est dans le hall d'un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d'avance. Il lui a suffi de parler. Et d'attendre que le piège se referme. C'est dans le hall d'un aéroport que tout s'est terminé. De toute façon, le hasard n'existe pas.

 

 
2002 : ROBERT DES NOMS PROPRES
robert des noms propres

 

Ce livre raconte le parcours d'une femme, née sous de dramatiques auspices : sa mère tue son père, baptise l'enfant du prénom de Plectrude et se suicide en prison. Ce récit s'inspire de la vie de Robert, chanteuse et amie d'Amélie Nothomb. 

 

 


2003 : ANTECHRISTA
 

antéchrista
Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n'en revient pas de ce bonheur presque écrasant. Elle n'hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l'installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s'affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre.

 

 

2004 : BIOGRAPHIE DE LA FAIM

biographie de la faim
Cette Biographie de la faim, de ce désir jamais rassasié, de cette quête qui n'a jamais de fin, Amélie Nothomb la décline sous toutes ses formes, du ravissement à l'horreur, avec brio, douleur, amour, humour et lucidité, pour dire ce terrible paradoxe d'exister. Il s'en dégage une puissance de vision, une perception fatale où l'absolu et sa dérision se côtoient. C'est une mise à nu éblouissante où l'auteur est le sujet de son oeuvre et qui prouve ô combien qu'Amélie Nothomb est un de nos grands auteurs contemporains.

 

 

2005 : ACIDE SULFURIQUE

acide sulfuriqueConcentration  : la dernière-née des émissions télévisées. On enlève des gens, on recrute des kapos, on filme ! Tout de suite, le plus haut score de téléspectateurs, l'audimat absolu qui se nourrit autant de la cruauté filmée que de l'horreur dénoncée. Etudiante à la beauté stupéfiante, Pannonique est devenue CKZ 114 dans le camp de concentration télévisé. Le premier sévice étant la perte de son nom, partant de son identité. Zdena, chômeuse devenue la kapo Zdena, découvre en Pannonique son double inversé et se met à l'aimer éperdument. Le bien et le mal en couple fatal, la victime et le bourreau, la belle et la bête aussi. Quand les organisateurs du jeu décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, personne ne s'abstient de voter et Pannonique joue sa vie.



2006 : JOURNAL D' HIRONDELLE


journal d' hirondelleC'est une histoire d'amour dont les épisodes ont été mélangés par un fou." A la suite d'un chagrin amoureux, le narrateur, 30 ans, coursier, devient insensible. Il perd son boulot pour en retrouver un autre, plus conforme à son nouvel état : tueur à gages. Pas d'états d'âme à viser la cible, s'acquitter d'un crime parfait. Sinon une excitation nouvelle, une soif d'accomplir un geste quasi divin. Un jour, on lui demande d'exécuter un ministre et toute sa famille et de rapporter sa serviette. Dans celle-ci, le journal intime de sa fille. La curiosité aura raison du tueur : il lit le cahier. Son comportement devient alors erratique et si l'usage de ses cinq sens lui revient, c'est pour une métamorphose qu'il n'aurait auparavant jamais pu envisager. Personnage nothombien par excellence, le héros, solitaire, misanthrope, détaché de toute réalité contingente, coincé dans sa propre logique, amputé des perceptions ordinaires, agissant au-delà du bien et du mal, découvre justement qu'il y a un au-delà et qu'il se nomme amour.

 2007 : NI D'EVE,  NI D'ADAM
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Après avoir raconté ses déboires professionnels dans 'Stupeur et tremblements', Amélie Nothomb révèle qu'à la même époque et au même endroit (Japon)  elle a aussi été la fiancée d'un jeune homme très singulier.

 

 



2008 : LE FAIT DU PRINCE

le fait du prince
Un homme vole l'identité d'un inconnu. 

"Il y a un instant, entre la quinzième et la seizième gorgée de champagne, ou tout homme est un aristocrate".

 

 



2009 : LE VOYAGE D'HIVER


voyage d'hiver
"Il n'y a pas d'échec amoureux." 

Zoïle s'apprête à se faire exploser dans un avion. Dans l'aéroport, dans l'attente, il raconte... l'amour, la femme et les raisons de son geste.

 



Egalement disponible au CDI

 

 Phosphore 336 ( juin 2009) : Qui suis-je devenue ? (Dossier)

Les clés de l'actualité 636 (oct. 2005) : Nothomb, l'Amélie acide (interview)




INTERVIEW D'UNE VOYAGEUSE (Juillet 2007)

en Français, Anglais, Néerlandais et Allemand
 
  

F /

QU’ÉVOQUE POUR VOUS LE MOT VOYAGE ?

A.N : La liberté. Comme le dit l’écrivain Paul Bowles, la différence entre le touriste et le voyageur, c’est que ce dernier part en n’étant pas sûr qu’il reviendra. Quand j’ai regagné le Japon, à 21 ans, je n’ai pris qu’un aller simple.

 

QUEL EST VOTRE PREMIER SOUVENIR DE TRAIN ?

A.N : C’était au Japon, un pays très ferroviaire. Comme nous habitions un village dans la montagne, nous prenions le train pour aller à Kobe. Je n’avais que trois ans mais c’était déjà une aventure !

 

POURQUOI VOUS ÊTES-VOUS INSTALLÉE À PARIS ?

A.N : Pour la Seine. Traverser ses ponts, si différents, est un bonheur. J’aime cette capitale car on y sent battre le coeur des écrivains. Quand je passe sous les fenêtres de Colette au Palais Royal ou bien rue de Rivoli où plane l’âme

d’Aragon, je suis bouleversée.

 

EN QUOI DEMEUREZ-VOUS BELGE AVANT TOUT ?

A.N : Par la nécessité de certains mots comme « brol » (familier pour « désordre », ndlr) qui me sont indispensables. Et puis, je ne me prends pas au sérieux.

 

VOUS DITES QUE VOS ROMANS SONT VOS ENFANTS. QU’ONT-ILS DE VOUS ?

A.N : Tout comme leur maman, ils ont quelque chose de monstrueux. Même si nous nous efforçons d’être policés, nos vraies pulsions sont effrayantes. Cette « banalité du mal » (cf. Hannah Arendt) a tendance à baver partout.

La nature humaine demeure une source de curiosité sans bornes… Quand j’écris, il n’y a pas de frontière entre les sexes. La différence surgit si je me mets dans la peau d’un vampire ou d’un assassin. C’est très troublant de sentir, dans son corps, une autre odeur que la sienne. En écrivant « Journal d’Hirondelle », j’étais envahie par l’odeur du sang. Ce sentiment effarant signifie que nous possédons tout le matériel pour devenir des monstres.

 

POURQUOI LA BEAUTÉ LUTTE-T-ELLE AVEC LA LAIDEUR DANS VOS OEUVRES ?

A.N : Parce que tout comme Dostoïevski, je crois qu’elle sauvera le monde. Qu’elle soit musicale, littéraire ou  artistique, la beauté est ce qui sidère. Sa présence rend le salut possible. La monstruosité et la beauté forment

un couple infernal.

 

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E /

WHAT DOES THE WORD ‘TRAVEL’ EVOKE FOR YOU?

A.N: Freedom! As the writer Paul Bowles said: “The difference between a tourist and a traveller is that the latter leaves not knowing forcertain that he will return.” When I went back to Japan at the age of twenty-one, I only had a one-way ticket.

 

WHAT IS YOUR FIRST MEMORY OF TRAINS?

A.N: It was in Japan where the railway is highly developed. We lived in a village in the mountains so we took the train to go to Kobe. I was only three years old and it was a real adventure!

 

WHY DID YOU SETTLE IN PARIS?

A.N: For the Seine! Crossing its bridges, each of which is so different, is a real joy. I love Paris because you still feel the heartbeat of so many famous writers. When I pass under Colette’s apartment windows at the Palais Royal or stroll

along the rue de Rivoli where Louis Aragon’s soul is still astir, I am deeply moved.

 

WHAT IS IT THAT STILL MAKES YOU BELGIAN?

A.N: The need for certain words like ‘brol’- meaning ‘mess’ or ‘rubbish’ – which I fi nd indispensable. And I don’t take myself too seriously!

 

YOU SAY THAT YOUR NOVELS ARE YOUR CHILDREN. WHICH CHARACTER TRAITS DO YOU SHARE?

very disturbing to sense a smell other A.N: Like their mother, there is a monstrous side to my novels. Even if we make an effort to be civilized, alarming instincts can still get the better of us. This ‘banality of evil’, as Hannah Arendt described it, has a tendency to overstep the mark. Human nature is an inexhaustible source of curiosity and amazement for me… When I write, there is no distinction between the sexes. The difference only arises when I put myself in a vampire’s or a murderer’s shoes. It is than your own on your body. When I was writing "Journal d’ Hirondelle", I was haunted by the smell of blood. This terrible feeling tells me that we have the makings of monsters!

 

WHY DOES BEAUTY STRUGGLE AGAINST UGLINESS IN YOUR WORKS?

A.N: Because like Dostoyevsky, I believe beauty can save the world. Whether it is to be found in music, literature or art, beauty dumbfounds us. Thanks to its existence, there is a chance we can be saved. Monstrousness and beauty make a diabolical couple.

 

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N /

 

WAARAAN DOET HET WOORD “REIZEN” U DENKEN?

A.N: Aan vrijheid. De auteur Paul Bowles zei ooit:“Het verschil tussen een toerist en een reiziger is dat de tweede vertrekt zonder zeker te zijn dat hij ooit nog terugkeert.” Toen ik 21 was en terug naar Japan ging, had ik enkel de heenreis geboekt.

 

BESCHRIJF UW VROEGSTE HERINNERING AAN EEN TREIN?

A.N: Die stamt uit Japan, een land waar het spoorverkeer sterk ontwikkeld is. Wij woonden in een bergdorp en namen de trein om naar Kobe te reizen. Ik was pas 3, dus voor mij was het een heus avontuur!

 

WAAROM BENT U IN PARIJS GAAN WONEN?

A.N: Voor de Seine. Al die – zo verschillende – bruggen oversteken, is een heerlijke ervaring. Ik hou van die hoofdstad omdat je er het hart van zoveel schrijvers hoort kloppen. Als ik voorbij de woning van Colette in het Palais-Royal wandel, of door de Rue de Rivoli waar de ziel van Aragon nog rondwaart, ben ik echt ontroerd.

 

WAT MAAKT VAN U NOG ALTIJD EEN ECHTE BELGISCHE?

A.N: Ik moet sommige woorden kunnen blijven gebruiken, zoals ‘brol’ (wat ‘rommel’ of ‘prullen’ betekent). Bovendien neem ik mijzelf nooit au sérieux.

 

U ZEGT VAAK DAT UW ROMANS UW KINDEREN ZIJN. WELKE KARAKTERTREKKEN HEBBEN ZE VAN U GEËRFD?

A.N: Net als hun mama hebben ze wat monsterachtige trekjes. Ook al proberen we ons beschaafd te gedragen, we worden beheerst door angstaanjagende driften. Die ‘banaliteit van het kwaad’, zoals Hannah Arendt ze noemde, heeft de neiging om

buiten de perken te treden. De menselijke natuur blijft een onuitputtelijke bron van verwondering voor mij … Wanneer ik schrijf, is er geen onderscheid tussen de geslachten. Het verschil treedt pas op wanneer ik in de huid kruip van een vampier of een moordenaar. Dat is een heel verwarrende ervaring, in je eigen lichaam een andere geur dan die van jezelf waarnemen. Toen ik Dagboek van een zwaluw schreef, was ik vervuld van de geur van bloed. Dat vreselijke gevoel zegt mij dat wij dat

allemaal in ons hebben: een monster worden.

 

WAAROM DIE STRIJD TUSSEN SCHOONHEID EN AFSCHUWELIJKHEID IN UW WERK?

A.N: Omdat ik, net als Dostojevski, denk dat schoonheid de wereld kan redden. Of ze nu te vinden is in de muziek, de literatuur of de kunst, schoonheid slaat de wereld met verstomming. Haar bestaan laat de mogelijkheid open dat we gered worden. Monsterlijkheid en schoonheid vormen een duivels paar.

 

 

D /

 

WORAN DENKEN SIE, WENN SIE DAS WORT “REISE” HÖREN?

A.N: An Freiheit. Der Schriftsteller Paul Bowles sagte einmal: „Der Unterschied zwischen einem Touristen und einem Reisenden besteht darin, dass Letzterer beim Aufbruch nie weiß, ob er jemals zurückkehrt.“ Als ich 21 war und nach Japan zurückkehrte, hatte ich nur ein Ticket für den Hinfl ug gebucht.

 

WAS SIND IHRE FRÜHESTEN ERINNERUNGEN AN EISENBAHNEN?

A.N: In Japan wohnten wir in einem Bergdorf und fuhren regelmäßig mit dem Zug nach Kobe. In Japan gibt es ein dichtes Schie nennetz. Ich war damals drei Jahre alt und für mich waren diese Fahrten ein gewaltiges Abenteuer.

 

WARUM HABEN SIE SICH IN PARIS NIEDERGELASSEN?

A.N: Wegen der Seine. Wenn ich wieder einmal eine der zahlreichen Brücken überquere, dann habe ich das Gefühl, zu träumen. Ich liebe die Stadt auch, weil man dort die Seele so vieler Schriftsteller spürt. Wenn ich die Wohnung der Colette

im Palais Royal passiere oder durch die Rue de Rivoli spaziere, in der noch der Geist von Aragon lebt, dann bin ich wirklich ergriffen

 

FÜHLEN SIE SICH TROTZDEM NOCH ALS BELGIERIN?

A.N: Typisch belgisch ist vermutlich an mir, dass ich mich selbst nicht ganz ernst nehme. Außerdem liebe ich einige typisch belgische Worte wie zum Beispiel brol, die praktisch unübersetzbar, aber sehr treffend sind (dt. in etwa „Rummel“, Anm. d. Red.).

 

SIE BEMERKEN OFT, DASS IHRE ROMANE IHRE KINDER SEIEN. WELCHE CHARAKTERZÜGE HABEN SIE VON IHNEN GEERBT?

A.N: Ebenso wie ihre Mama haben sie etwas Monströses. Auch wenn wir uns zivilisiert zu benehmen versuchen, wir alle werden durch unkontrollierbare

Triebe beherrscht. Wir haben die „Banalität des Bösen“, wie Hannah Arendt es formuliert hat, nie ganz unter Kontrolle. Die menschliche Natur fasziniert mich ungeheuer. Wenn ich schreibe, gibt es für mich keinen Unterschied zwischen den Geschlechtern. Spannend wird es für mich, wenn ich über einen Vampir oder einen Mörder schreibe. Es ist eine sehr erwirrende Erfahrung, in seinem Körper einen anderen Geruch als den eigenen wahrzunehmen. Als ich vergangenes Jahr Journal

d’Hirondelle (Tagebuch einer Schwalbe) schrieb, war ich von dem Geruch von Blut erfüllt. Dieses beängstigende Gefühl sagt mir, dass wir alle das Schreckliche in uns tragen.

 

WARUM DIESER KAMPF ZWISCHEN DEM SCHÖNEN UND DEM SCHRECKLICHEN IN IHREM WERK?

A.N: Weil ich, genau wie Dostojewski, davon überzeugt bin, dass das Schöne die Welt retten kann. Ob wir dem Schönen in der Musik, der Literatur oder der Kunst begegnen, es packt uns und lässt uns nicht mehr los. Die Existenz des Schönen eröffnet

die Möglichkeit einer Rettung. Die deutschsprachigen Ausgaben der Bücher von Amélie Nothomb erscheinen bei Diogenes:

 

WWW.DIOGENES.CH

 




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